extraits de textes critiques |
![]() AdonisFenêtreNon, a-t-il dit, non,
un seul soleil ne peut suffire à ma fenêtre. Ah, avec quelle ardeur ai-je murmuré au compas de la langue afin qu’il dessine des fenêtres dans les murs de cette éternité suffocante. Fenêtre - une joue pour l’ombre, une pour le soleil. La nuit ne traîne ses branches afin de les étaler comme lit pour ses passions que si elles se mélangent aux pavots de champs labourés par la lune. Telle est la maxime initiale qu’énonce la bouche de la fenêtre. Aucun pouvoir ne le domine - est-ce pour cela que sa tête fourmille de fenêtres? Non, les fenêtres ne sont pas muettes, mais seule peut les entendre l’oreille du silence. Peut-être ses blessures sont-elles les plus belles fenêtres entre lui et le monde. Fenêtre - école pour éduquer l’horizon. Jours - caravanes de poussière qui éternellement s’en vont et reviennent dans le désert des fenêtres. été 1997 traduit de l’arabe par Anne Wade Minkowski. |