extraits de textes critiques
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![]() Pierre CabannePréfaceGaranjoud peint le blanc, le gris, le bleu doux et lavé, le noir touffu ou transparent, le silence et la durée ; le regard passe à travers la toile vers l’horizon balayé de cet immatériel qui contient l’écho des lieux habités par l’éphémère. Cloisonné de verticales où le pinceau s’immerge, colonnes de cicatrices griffées, cet espace est à la fois porte ouverte et fuite aux transparences laiteuses irisées, où marqué par les paysages de neige de son enfance Garanjoud cherche à signifier l’étendue et y construit des calligraphies denses et fortes comme des monuments à l’air, à la lumière, à l’infini. Il bâtit et modèle l’apparence, en écartèle les tensions, les jubilations, les émotions ; passer à travers ses tableaux dans leurs vantaux d’ombres et de branches à l’épaisseur veloutée, c’est aller à la rencontre d’un rêve dans sa flottaison apaisée. Découvrir un peintre qui gomme avec superbe l’image pour nous tendre un miroir traversé par l’impalpable vibration du temps.
Askéo / Paris, octobre / décembre 1994. |